«Μυρίζει καμφορά και γιασεμί»
22/04/2015 § Σχολιάστε

Χιόνι
Πλησιάζω στο σπίτι. Δύο ίδιες γυναίκες με κοιτούν από το μοναδικό παράθυρο. Ανεβαίνω τις σκάλες της αυλής. Τα πόδια μου χώνονται στο χιόνι μέχρι το γόνατο. Το σπίτι δεν έχει πόρτα αλλά ένα μουσαμά που κρέμεται. Μυρίζει καμφορά και γιασεμί. Οι δύο γυναίκες είναι όμορφες και φοράνε μακριά γαλάζια πουλόβερ. Η μία κρατάει ένα ανθοδοχείο. Η άλλη φοράει περούκα με χρυσόσκονη. «Έχουμε ένα δωμάτιο για σας. Στο βάθος του κήπου». Με οδηγούν στο πορτοκαλί χολ, πρώτα αυτή με την περούκα και μετά αυτή με το ανθοδοχείο που τώρα είναι πολύ κοντή, σχεδόν νάνος. «Εδώ ο κήπος. Νά η λίμνη. Νά και το σωσίβιο». Μου φορούν το σωσίβιο και με βάζουν στην ξύλινη σχεδία. «Το δωμάτιο είναι στην άκρη της λίμνης. Σε τρία λεπτά θα έχετε φτάσει».
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[Από το υπέροχη μικρή συλλογή της ©Εύας Στεφανή, «Τα μαλλιά του Φιν» -εκδόσεις Πόλις]
Robert Desnos, Poème à la mystérieuse
09/02/2015 § Σχολιάστε

Credit: Robert Desnos, 1924 (b/w photo), Ray, Man (1890-1976) / Private Collection / Photo © Christie’s Images / The Bridgeman Art Library
J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m’est chère?
J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
À se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle
de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales!
J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps
sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé
À toutes les apparences de la vie
Et de l’amour et toi, la seule
qui compte aujourd’hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu’il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu’a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l’ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.
[gradually moving the contents of my english/french blog here which will be deleted – Μεταφέροντας σταδιακά το περιεχόμενο του αγγλο-γαλλικού μου ιστολογίου εδώ, το οποίο και τίθεται υπό κατάργηση]
Marguerite Duras, L’amant -extraits
24/01/2015 § Σχολιάστε

photo: The Guardian
Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée.
[…]
Je lui dis que ce n’est pas seulement parce que c’était pendant le jour, qu’il se trompe, que je suis dans une tristesse que j’attendais et qui ne vient que de moi. Que toujours j’ai été triste. Que je vois cette tristesse aussi sur les photos où je suis toute petite. Qu’aujourdhui, cette tristesse, tout en la reconnaissant comme étant celle que j’ai toujours eue, je pourrais presque lui donner mon nom tellement elle me ressemble.
[…]
Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l’aimais à ce point là de vouloir mourir de sa mort. J’étais séparée de lui depuis dix ans quand c’est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l’aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J’avais oublié la mort.
[…]
Et une autre fois, c’était encore au cours de ce même voyage, pendant la traversée de ce même océan, la nuit de même était déjà commencée, il s’est produit dans le grand salon du pont principal l’éclatement d’une valse de Chopin qu’elle connaissait de façon secrète et intime parce-qu’elle avait essayé de l’apprendre pendant des mois et qu’elle n’était jamais arrivé à la jouer correctement, jamais, ce qui avait fait qu’ensuite sa mère avait consenti à lui faire abandonner le piano. Cette nuit là, perdue entre les nuits et les nuits, de cela elle était sûre, la jeune fille l’avait justement passée sur ce bateau et elle avait été là quand cette chose-là s’était produite, cet éclatement de la musique de Chopin sous le ciel illuminé de brillances. Il n’y avait pas un souffle de vent et la musique s’était répandue partout dans le paquebot noir, comme une injonction du ciel dont on ne savait pas à quoi elle avait trait, comme un ordre de Dieu dont on ignorait la teneur. Et la jeune fille s’était dressée comme pour aller à son tour se tuer, se jeter à son tour dans la mer et après elle avait pleuré parce-qu’elle avait pensé à cet homme de Cholen et elle n’avait pas été sûre tout à coup de ne pas l’avoir aimé d’un amour qu’elle n’avait pas vu parce-qu’il s’était perdu dans l’histoire comme l’eau dans le sable et qu’elle le retrouvait seulement maintenant à cet instant de la musique jetée à travers la mer.
Marguerite Duras, L’amant, Les Éditions de Minuit
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Shakespeare’s First Folio/Découverte d’un «First Folio» de Shakespeare
21/12/2014 § Σχολιάστε

Welcome news from Saint-Omer in the Pas-de-Calais: a copy of Shakespeare’s First Folio has been discovered lying unacknowledged in the collections of the Bibliothèque d’agglomération de Saint-Omer, after it was mistakenly catalogued as an eighteenth-century book.
The excitement of the librarian who made the discovery, Rémy Cordonnier, is understandable, and one of the chief experts in the field, Professor Eric Rasmussen, has authenticated the copy and called it «magnificent» – a rare accolade for such a discovery. And Professor Rasmussen, as the author of The Shakespeare Thefts: In search of the First Folios and the co-editor of The Shakespeare First Folios: A descriptive catalogue, ought to know. «First folios don’t turn up very often», he has said, «and when they do, it’s usually a really chewed-up, uninteresting copy.» [>>> TLS >>>
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Un «First Folio» de Shakespeare, premières œuvres théâtrales complètes de l’écrivain, publié en 1623, a été découvert à la bibliothèque de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Ce «First Folio» devient, avec la Bible de Gutenberg, l’un des ouvrages les plus précieux au monde.
Rémy Cordonnier, responsable des fonds patrimoniaux, a trouvé le livre à l’occasion de recherches pour une exposition sur les livres anglais du Moyen Âge au XXe siècle. L’ouvrage faisait partie de la collection du collège anglais de Saint-Omer, fondé par les Jésuites en 1594. Il lui manque la page de titre, et avait été classé par erreur dans un rayon du XVIIIe siècle. [>>> Magazine-itteraire >>>
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